Maintien à domicile d’une personne âgée, quelles solutions avant l’EHPAD ?

Personne âgée accompagnée à domicile par sa fille

Votre parent souhaite rester chez lui, mais son autonomie diminue et vous commencez à vous demander combien de temps cela sera encore possible ?

Le maintien à domicile d’une personne âgée peut être renforcé grâce à plusieurs solutions : auxiliaire de vie, APA, soins à domicile, téléassistance, adaptation du logement et, selon le territoire, centre de ressources territorial (CRT). Ces solutions peuvent être combinées selon les besoins de votre proche.

L’objectif n’est pas de maintenir une personne âgée à domicile à tout prix. Il s’agit de trouver un accompagnement suffisamment sécurisant et adapté pour lui permettre de continuer à vivre chez elle lorsque cela reste possible.

Peut-on encore maintenir une personne âgée à domicile ?

Oui, dans de nombreuses situations.

Mais le maintien à domicile ne repose généralement pas sur une seule aide. Lorsque la perte d’autonomie augmente, il faut souvent adapter progressivement l’organisation autour de la personne âgée.

Une personne qui vivait seule sans difficulté peut, par exemple, commencer à avoir besoin :

  • d’aide pour les courses ;
  • de préparation des repas ;
  • d’aide pour l’entretien courant du logement ;
  • d’accompagnement pour les sorties ou les rendez-vous ;
  • d’une présence quelques heures par semaine ;
  • puis, avec le temps, d’une aide plus régulière dans la vie quotidienne.

C’est souvent à ce moment-là que la famille commence à envisager l’EHPAD.

Pourtant, une augmentation des aides à domicile peut parfois permettre de continuer à vivre chez soi plus longtemps, à condition que la situation de la personne, son logement et son environnement permettent de garantir sa sécurité.


Quelles sont les solutions pour rester à domicile ?

Il n’existe pas une solution unique adaptée à toutes les personnes âgées.

Le bon accompagnement dépend notamment de l’autonomie de votre proche, de ses habitudes, de son logement, de ses ressources et de l’aide que la famille peut réellement apporter.

1. Renforcer l’aide à domicile avec une auxiliaire de vie

Auxiliaire de vie accompagnant une personne âgée à son domicile

Lorsque votre parent a besoin d’une présence régulière, l’auxiliaire de vie peut devenir un véritable point d’appui au quotidien.

Selon ses missions et les besoins de la personne, elle peut notamment intervenir pour :

  • préparer les repas ;
  • faire les courses ;
  • aider à l’entretien courant du logement ;
  • accompagner la personne lors de sorties ou de rendez-vous ;
  • l’aider dans certaines activités de la vie quotidienne ;
  • apporter une présence et maintenir le lien social.

Le nombre d’heures peut être adapté à la situation : quelques heures par semaine, plusieurs passages dans la journée ou un accompagnement plus important.

Employer directement une auxiliaire de vie

Une famille peut choisir d’employer directement une auxiliaire de vie et devenir particulier employeur.

Le CESU permet de simplifier certaines démarches liées à l’emploi et aux déclarations.

Mais le CESU ne dispense pas le particulier employeur de respecter les règles applicables à son salarié : contrat de travail, rémunération, congés, absences, déclaration des heures et autres obligations liées à la relation de travail.

Pour une famille qui doit déjà gérer la perte d’autonomie d’un parent, cette responsabilité peut rapidement devenir difficile à gérer.

C’est souvent moins l’emploi lui-même que toute la gestion qui l’accompagne qui inquiète les familles.


2. L’APA peut contribuer à financer l’aide à domicile

L’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) est destinée aux personnes âgées d’au moins 60 ans qui sont en situation de perte d’autonomie.

À domicile, elle peut contribuer à financer les dépenses nécessaires pour permettre à la personne de rester chez elle.

L’évaluation de la perte d’autonomie est notamment réalisée à partir de la grille AGGIR. Les personnes classées en GIR 1 à 4 peuvent bénéficier de l’APA à domicile, sous réserve de remplir les autres conditions prévues.

Le plan d’aide peut notamment prévoir :

  • la rémunération d’une aide à domicile ;
  • certaines aides techniques ;
  • des mesures d’adaptation du logement ;
  • la livraison de repas ;
  • des solutions de transport ;
  • certaines solutions de répit pour les proches aidants.

L’APA peut prendre en charge tout ou partie des dépenses prévues dans le plan d’aide. Une participation financière peut rester à la charge du bénéficiaire selon ses ressources et le montant du plan d’aide.

À retenir

L’APA n’est donc pas une somme automatiquement versée pour payer l’intégralité des heures d’une auxiliaire de vie.

Le montant réellement pris en charge dépend de la situation de la personne et du plan d’aide qui lui est accordé.


3. Le crédit d’impôt peut réduire le coût de l’aide à domicile

Les dépenses engagées pour certains services à la personne peuvent ouvrir droit, sous conditions, à un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses effectivement supportées.

Le plafond général des dépenses retenues est de 12 000 € par an, avec des majorations possibles dans certaines situations. Il existe également des règles particulières notamment pour la première année d’emploi direct d’un salarié à domicile et certaines situations de handicap.

L’assistance aux personnes âgées fait bien partie des activités pouvant ouvrir droit à cet avantage fiscal lorsqu’elle est réalisée dans les conditions prévues par la réglementation.

Un exemple simple

À titre d’exemple, si une famille supporte 1 000 € de dépenses éligibles, l’avantage fiscal correspondant peut représenter 500 €, sous réserve du respect des conditions et plafonds applicables.

Il faut toutefois tenir compte des éventuelles aides déjà perçues, comme l’APA, dans le calcul des dépenses effectivement supportées.

C’est pourquoi il est plus pertinent de raisonner en reste à charge réel qu’en tarif horaire affiché.


4. Certaines exonérations de cotisations peuvent également réduire le coût

Lorsqu’une famille emploie directement une auxiliaire de vie, le coût de l’emploi ne dépend pas uniquement du salaire versé.

Certaines situations permettent de bénéficier d’exonérations partielles de cotisations patronales de Sécurité sociale.

Depuis le 1er janvier 2026, l’exonération automatique liée à l’âge concerne les particuliers employeurs âgés de 80 ans ou plus. D’autres situations peuvent également ouvrir droit à des exonérations, notamment en fonction de la situation de la personne employeur.

Il est donc important de vérifier les exonérations auxquelles le particulier employeur peut prétendre avant de calculer le coût réel d’une auxiliaire de vie.

Une même situation peut ainsi cumuler plusieurs mécanismes d’aide ou d’allègement, dans les limites et conditions prévues par chacun d’eux.


5. Le centre de ressources territorial (CRT) : une solution encore méconnue

Le centre de ressources territorial (CRT) est une autre solution à connaître lorsque le maintien à domicile devient plus complexe.

Créés depuis 2022, les CRT ont notamment pour mission de proposer un accompagnement renforcé à domicile pour des personnes âgées en perte d’autonomie lorsque les accompagnements habituels ne suffisent plus. Ils peuvent également mettre des ressources et des compétences à disposition des professionnels du territoire.

Le CRT peut ainsi intervenir en complément des aides déjà présentes au domicile.

Selon la structure et la situation de la personne, l’accompagnement peut notamment comprendre :

  • des actions de prévention ;
  • une meilleure coordination des intervenants ;
  • des solutions de téléassistance ;
  • des conseils pour adapter le logement ;
  • un soutien aux proches aidants ;
  • différentes interventions destinées à sécuriser le maintien à domicile.

Le CRT remplace-t-il l’aide à domicile ?

Non.

Le CRT n’a pas vocation à remplacer une auxiliaire de vie, un infirmier ou les autres professionnels déjà présents.

Il intervient en complément, avec un accompagnement adapté aux besoins de la personne et aux possibilités du dispositif local.

Le CRT existe-t-il partout ?

Le dispositif continue de se déployer sur le territoire.

La CNSA recensait 289 CRT installés au 31 décembre 2025.

La disponibilité et les modalités d’accompagnement peuvent donc varier selon le territoire.

Pour savoir si un CRT intervient près de chez votre proche, vous pouvez vous renseigner auprès des acteurs locaux de l’autonomie ou consulter les informations disponibles dans votre département.


6. Adapter le logement peut permettre de sécuriser le quotidien

Salle de bains adaptée pour sécuriser le maintien à domicile d’une personne âgée

Une maison parfaitement adaptée à une personne autonome peut devenir difficile à vivre lorsque les déplacements deviennent plus compliqués.

Quelques aménagements peuvent améliorer la sécurité :

  • sécuriser la salle de bains ;
  • installer des barres d’appui ;
  • améliorer l’éclairage ;
  • supprimer certains obstacles au sol ;
  • sécuriser les escaliers ;
  • adapter certains équipements utilisés quotidiennement.

L’APA peut notamment prévoir certaines aides techniques ou mesures d’adaptation du logement dans le cadre du plan d’aide.

L’objectif est simple : réduire les risques tout en permettant à la personne de conserver ses habitudes le plus longtemps possible.


7. La téléassistance peut apporter un filet de sécurité

Lorsque la principale inquiétude est de savoir ce qui se passerait en cas de chute ou de malaise lorsque la personne est seule, la téléassistance peut constituer une solution complémentaire.

Le principe est de permettre à la personne de déclencher une alerte lorsqu’elle rencontre un problème.

La téléassistance ne remplace évidemment pas une présence humaine.

Mais elle peut apporter un niveau de sécurité supplémentaire, à la fois pour la personne âgée et pour ses proches.

Certaines dépenses de téléassistance peuvent également entrer dans le champ du crédit d’impôt pour l’emploi à domicile lorsqu’elles remplissent les conditions prévues.

Vous souhaitez aller plus loin ?
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8. Ne pas confondre aide à domicile et soins à domicile

C’est une distinction importante.

Une auxiliaire de vie accompagne la personne dans sa vie quotidienne. Elle ne remplace pas un professionnel de santé.

Selon la situation, votre proche peut avoir besoin de l’intervention de différents professionnels : médecin, infirmier, kinésithérapeute ou service de soins à domicile, par exemple.

Lorsque les besoins augmentent, la coordination entre les différents intervenants devient particulièrement importante.

Le maintien à domicile ne consiste donc pas seulement à ajouter des heures d’aide.

Il faut parfois organiser un véritable accompagnement autour de la personne.


Comment savoir si le maintien à domicile est encore possible ?

C’est souvent la question la plus difficile pour une famille.

Il n’existe pas un niveau de perte d’autonomie à partir duquel une personne doit automatiquement entrer en EHPAD.

Il faut regarder la situation dans son ensemble.

Votre proche peut-il encore rester seul sans danger ?

Une chute, des oublis importants, des difficultés à se nourrir ou des problèmes pour gérer certains gestes du quotidien peuvent modifier rapidement la situation.

Les besoins peuvent-ils être couverts avec des aides adaptées ?

Si quelques heures d’aide supplémentaires permettent de sécuriser le quotidien, une entrée en établissement n’est peut-être pas nécessaire immédiatement.

Le logement est-il adapté ?

Un logement difficile d’accès ou présentant des risques peut rendre le maintien à domicile beaucoup plus compliqué.

La famille peut-elle réellement aider ?

C’est un point souvent sous-estimé.

Les enfants ou le conjoint peuvent naturellement vouloir aider, mais le maintien à domicile ne doit pas reposer entièrement sur leur disponibilité.

Un proche aidant épuisé n’est pas une solution durable.

Votre parent accepte-t-il les aides ?

C’est également essentiel.

Une organisation peut être parfaite sur le papier et ne pas fonctionner si la personne âgée la vit comme une contrainte.

Le projet doit autant que possible tenir compte de ses habitudes, de ses choix et de son projet de vie.


Quand l’entrée en EHPAD devient-elle nécessaire ?

Le maintien à domicile ne doit pas devenir un objectif absolu.

Lorsque les besoins de la personne deviennent trop importants pour être correctement couverts à domicile, ou lorsque sa sécurité ne peut plus être suffisamment assurée, l’entrée en établissement peut devenir la solution la plus adaptée.

Il ne faut donc pas opposer systématiquement :

domicile = bonne solution et EHPAD = échec.

L’objectif est de trouver le cadre de vie le plus adapté à la situation de la personne âgée.

Parfois, le maintien à domicile reste possible avec une organisation renforcée.

Dans d’autres situations, il devient préférable de préparer progressivement une entrée en établissement, plutôt que d’attendre qu’une urgence l’impose.


Combien coûte le maintien à domicile d’une personne âgée ?

Il est impossible de donner un prix unique.

Le coût dépend notamment :

  • du nombre d’heures d’aide nécessaires ;
  • de la rémunération de l’auxiliaire de vie ;
  • des cotisations sociales ;
  • des éventuelles exonérations ;
  • de l’APA ;
  • du crédit d’impôt ;
  • des dépenses de téléassistance ;
  • des éventuels travaux d’adaptation du logement.

Il faut donc éviter de comparer uniquement le tarif horaire.

Pour connaître le coût réel du maintien à domicile, il faut calculer ce que la famille devra effectivement payer après prise en compte des aides et dispositifs auxquels elle peut prétendre.

C’est souvent cette approche qui permet de constater que l’accompagnement à domicile peut être plus accessible qu’on ne l’imagine.

Pour connaître plus précisément le coût d’une auxiliaire de vie selon votre situation, vous pouvez utiliser gratuitement notre simulateur de budget employeur.


Employer directement une auxiliaire de vie : une solution à étudier

Lorsque le souhait de votre proche est de rester chez lui, employer directement une auxiliaire de vie peut être une solution particulièrement intéressante à étudier.

La famille peut choisir la personne qui intervient auprès de son proche et organiser les horaires en fonction des besoins.

En contrepartie, elle devient employeur.

Cela signifie notamment qu’elle doit :

  • recruter le salarié ;
  • établir un contrat de travail ;
  • respecter la convention collective applicable ;
  • déclarer les heures et la rémunération ;
  • gérer les congés et les absences ;
  • respecter les règles applicables pendant la relation de travail ;
  • gérer, le moment venu, la fin du contrat.

Le CESU facilite les démarches déclaratives, mais il ne remplace pas les obligations de l’employeur.

Pour une famille qui accompagne déjà un parent âgé, cette partie administrative peut rapidement devenir pesante.


Maintien à domicile, quelle solution choisir pour votre proche ?

Il n’existe pas de réponse identique pour toutes les familles.

Besoin Solution à envisager
Aide dans la vie quotidienne Auxiliaire de vie
Perte d’autonomie APA
Réduire le coût de l’aide Crédit d’impôt
Réduire certaines cotisations Exonérations sous conditions
Sécuriser une personne seule Téléassistance
Logement devenu difficile ou dangereux Adaptation du logement
Besoin de soins Professionnels de santé et services adaptés
Situation nécessitant un accompagnement renforcé Centre de ressources territorial
Gestion d’une auxiliaire employée directement CESU et accompagnement du particulier employeur

Ce qu’il faut retenir

Le maintien à domicile d’une personne âgée ne repose pas sur une seule solution.

Lorsque l’autonomie diminue, il est souvent possible de renforcer progressivement l’accompagnement grâce à plusieurs dispositifs : auxiliaire de vie, APA, soins, téléassistance, adaptation du logement, aides fiscales et accompagnement des proches.

Le centre de ressources territorial peut également être une solution lorsque la situation devient plus complexe et que les aides habituelles ne suffisent plus.

Mais le plus important est de ne pas attendre une situation de crise pour s’organiser.

Si votre parent commence à avoir besoin d’aide, faites le point sur :

  • ce qu’il peut encore faire seul ;
  • ce qui devient difficile ;
  • les moments de la journée où il a besoin d’aide ;
  • les risques éventuels à son domicile ;
  • ce que la famille peut réellement prendre en charge ;
  • les aides financières auxquelles il peut prétendre.

C’est à partir de cette analyse que vous pourrez déterminer combien d’heures d’aide sont réellement nécessaires et quelle organisation serait la plus adaptée.

Vous envisagez de recruter une auxiliaire de vie ?

Vous pouvez employer directement une auxiliaire de vie tout en restant maître de l’organisation de l’accompagnement de votre proche.

MonAuxiliaire accompagne les particuliers employeurs dans les différentes étapes : recrutement, contrat de travail, gestion CESU, obligations administratives et juridiques, jusqu’à la fin du contrat.

L’objectif : vous permettre de vous concentrer sur votre proche plutôt que sur la complexité administrative de votre rôle d’employeur.


Questions fréquentes sur le maintien à domicile d’une personne âgée

Peut-on éviter l’EHPAD avec une auxiliaire de vie ?

Dans certaines situations, oui. Une auxiliaire de vie peut renforcer l’accompagnement quotidien et permettre à une personne âgée de rester chez elle plus longtemps. Mais la possibilité de rester à domicile dépend de son autonomie, de son état de santé, de son logement et des aides pouvant être mises en place.

Quelle aide pour maintenir une personne âgée à domicile ?

Plusieurs solutions peuvent être combinées : auxiliaire de vie, APA, soins à domicile, téléassistance, adaptation du logement et, selon le territoire, accompagnement par un centre de ressources territorial.

L’APA peut-elle financer une auxiliaire de vie ?

Oui. L’APA à domicile peut contribuer au financement d’une aide à domicile prévue dans le plan d’aide. Le montant réellement pris en charge dépend de la situation de la personne et une participation financière peut rester à sa charge.

Peut-on employer directement une auxiliaire de vie ?

Oui. Un particulier peut employer directement une auxiliaire de vie et utiliser le CESU pour effectuer les démarches déclaratives. Il doit toutefois respecter les obligations applicables au particulier employeur et à son salarié.

Le maintien à domicile coûte-t-il moins cher qu’un EHPAD ?

Il est impossible de répondre de manière générale. Le coût dépend du nombre d’heures d’aide, des aides obtenues, des ressources de la personne et des autres dépenses nécessaires au maintien à domicile. Il faut comparer les restes à charge réels.

Qu’est-ce qu’un centre de ressources territorial ?

Un CRT est un dispositif destiné notamment à renforcer le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et à soutenir leurs proches. Il peut proposer un accompagnement renforcé en complément des aides et professionnels déjà présents au domicile.

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