Comment organiser la journée d’une personne âgée avec une auxiliaire de vie

En bref : il n’existe pas de planning type universel. Tout dépend du niveau d’autonomie de votre proche, mesuré par la grille AGGIR (GIR). Comptez en moyenne 3 à 5h/jour pour une dépendance modérée (GIR 4), 5 à 7h/jour pour une dépendance importante (GIR 3), et une présence quasi continue pour une dépendance sévère (GIR 2).

L’essentiel : construire ce planning avec votre proche, le mettre par écrit, et le réajuster tous les 3 mois à mesure que ses besoins évoluent.

Mis à jour août 2026

Beaucoup de familles recrutent une auxiliaire de vie sans savoir précisément quoi lui demander. Les interventions s’improvisent, les tensions apparaissent, et la personne âgée ne bénéficie pas du cadre stable dont elle a besoin.

Organiser une journée type, ce n’est pas rigidifier le quotidien. C’est donner à votre proche des repères solides et à votre auxiliaire de vie un cadre clair pour intervenir efficacement.


GIR, niveaux d’autonomie : comprendre avant d’organiser

Avant de construire un planning, il faut partir de la réalité de votre proche, pas d’un modèle standard. En France, le niveau de dépendance se mesure avec la grille AGGIR, qui classe les personnes en six groupes appelés GIR (Groupes Iso-Ressources). Plus le chiffre est bas, plus la perte d’autonomie est importante.

À titre d’exemple, selon le niveau d’autonomie et les besoins de la personne, voici quelques organisations possibles. Ces durées sont indicatives et ne constituent pas une règle liée au GIR.

GIR 6 et GIR 5 : la personne accomplit seule la plupart des actes du quotidien. Elle peut avoir besoin d’aide ponctuelle pour les courses, le ménage ou certains déplacements. Une présence de 1 à 2 heures par jour suffit généralement.

GIR 4 : la personne a des difficultés réelles pour se lever, faire sa toilette ou préparer ses repas, mais elle conserve une certaine mobilité. C’est souvent le premier niveau qui justifie le recrutement d’une auxiliaire de vie à domicile. Comptez 3 à 5 heures par jour.

GIR 3 : les actes essentiels nécessitent une aide régulière, notamment la toilette, les transferts et la prise des médicaments. La présence de l’auxiliaire est indispensable le matin et souvent en soirée. Prévoyez 5 à 7 heures par jour.

GIR 2 : la perte d’autonomie est importante et nécessite une aide fréquente pour les actes de la vie quotidienne. L’organisation peut nécessiter plusieurs interventions dans la journée, selon les besoins de la personne.

GIR 1 : dépendance totale. Ce niveau dépasse souvent le cadre d’une seule auxiliaire de vie à domicile et nécessite une organisation renforcée avec d’autres professionnels de santé.

Le GIR détermine aussi l’accès à l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), versée par le département pour les GIR 1 à 4. Si votre proche n’a pas encore été évalué, contactez votre CCAS ou votre département.


Comment construire un planning adapté à votre proche

Un planning d’auxiliaire de vie ne se copie pas sur internet. Il se construit à partir de trois éléments : les besoins réels de votre proche, ses habitudes de vie, et les heures que vous pouvez financer.

Voici comment procéder concrètement.

Étape 1 : lister les actes qui posent problème

Commencez par observer ce que votre proche ne peut plus faire seul ou ce qui lui prend un temps excessif. Lever, toilette, habillage, repas, médicaments, déplacements, ménage, courses ? Notez tout sans filtrer.

Étape 2 : identifier les moments critiques

Certaines plages horaires sont plus risquées que d’autres. Le matin concentre souvent le plus grand nombre d’actes essentiels. Le soir présente des risques de chute au moment du coucher. L’après-midi peut être une période d’isolement si personne n’est présent.

Étape 3 : construire les tranches d’intervention

Une fois les besoins identifiés, regroupez les actes par tranche horaire cohérente. Une intervention de 2 heures le matin et 1h30 le soir est souvent plus efficace qu’une présence continue de 3h30 en milieu de journée.

Étape 4 : mettre le planning par écrit

Famille et auxiliaire de vie co-construisent un planning d'intervention à domicile

Un planning écrit protège les deux parties. Il clarifie les attentes, sert de base au contrat de travail et facilite les ajustements dans le temps. C’est aussi le document de référence en cas de désaccord.


Les journées types selon le niveau de dépendance

Il n’existe pas un seul modèle de journée. Voici trois exemples concrets, ajustables selon votre situation.

Journée type pour un GIR 4 : présence de 3 à 5 heures par jour

Votre proche est relativement autonome mais a besoin d’aide pour les actes physiquement contraignants.

Le matin, entre 8h et 10h, l’auxiliaire intervient pour le lever, la toilette, l’habillage et le petit-déjeuner. Elle vérifie la prise des médicaments avant de partir. Durée : environ 2 heures.

En fin d’après-midi, entre 17h et 19h, elle prépare le dîner, fait un point sur la journée, accompagne votre proche jusqu’au fauteuil et range sommairement la cuisine. Durée : 1h30 à 2 heures.

Total journalier : 3h30 à 4 heures.

Journée type pour un GIR 3 : présence de 5 à 7 heures par jour

Votre proche a besoin d’aide pour la plupart des actes essentiels mais garde une certaine autonomie dans ses déplacements intérieurs.

Le matin, entre 8h et 11h, l’auxiliaire prend en charge le lever, la toilette complète, l’habillage, le petit-déjeuner et la prise des médicaments. Elle aère la chambre, installe confortablement votre proche et fait un ménage rapide. Durée approximative 2h30 à 3 heures.

En début d’après-midi, entre 12h et 14h, elle prépare et sert le déjeuner, aide à la prise du repas si nécessaire, puis accompagne votre proche dans un moment de repos. Durée : 1h30 à 2 heures.

En soirée, entre 19h et 20h30, elle prépare le dîner, aide au coucher et vérifie que tout est en ordre pour la nuit. Durée : 1h à 1h30.

Total journalier : 5 à 6h30.

Journée type pour un GIR 2 : présence de 7 heures et plus

La présence est quasi continue. L’auxiliaire accompagne votre proche sur l’ensemble des actes de la journée : lever, toilette, repas, stimulation, mobilisation, coucher. Elle surveille les signes d’inconfort ou d’aggravation et assure le lien avec les autres intervenants (infirmière, kinésithérapeute).

Auxiliaire de vie aidant une personne âgée à prendre son repas à domicile

À ce niveau, une seule auxiliaire ne suffit souvent pas. Il faut envisager plusieurs intervenants avec des roulements clairs, un cahier de liaison et une coordination régulière avec l’équipe médicale.


Ce que l’auxiliaire de vie fait et ce qu’elle ne fait pas

C’est une source de confusion fréquente, qui génère des déceptions et parfois des conflits. Clarifier le périmètre d’intervention dès le recrutement vous évitera bien des difficultés.

Une auxiliaire de vie accompagne votre proche dans les actes essentiels de la vie quotidienne : aide à la toilette, à l’habillage, aux repas, aux déplacements, rappel de la prise des médicaments ou aide à la prise dans les conditions prévues par la réglementation, entretien courant du logement, courses et accompagnements extérieurs, stimulation et lien social.

Elle n’assure pas les soins infirmiers. Les pansements, les injections, la pose ou le changement d’une sonde relèvent de l’infirmière libérale ou du SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile). Elle ne prend pas de décisions médicales et ne gère pas les démarches administratives de votre proche, sauf si cela est expressément prévu dans son contrat.

Une auxiliaire de vie n’est pas une femme de ménage. Même si elle assure l’entretien courant du domicile, son cœur de métier reste l’accompagnement humain de la personne. Lui confier uniquement des tâches ménagères, c’est passer à côté de l’essentiel et souvent, la perdre rapidement.


Les erreurs fréquentes des familles qui organisent seules

Quand on prend en charge le maintien à domicile d’un proche pour la première fois, certaines erreurs reviennent presque systématiquement. Pas par manque d’amour ou d’attention, mais parce que personne ne nous apprend à être particulier employeur.

Tout laisser à l’appréciation de l’auxiliaire. Sans consigne écrite, elle doit deviner ce que vous attendez. Elle fera de son mieux, mais pas forcément ce qui correspond aux besoins réels de votre proche.

Ne pas impliquer la personne âgée. Votre proche a ses habitudes, son rythme, ses préférences. Un planning construit sans lui est rarement respecté.

Ne jamais réévaluer. Les besoins évoluent. Un planning pertinent aujourd’hui peut être inadapté dans six mois, après une chute, une hospitalisation ou un changement de traitement. Il est recommandé de réévaluer régulièrement le planning, par exemple tous les trois mois, ou plus tôt si les besoins de votre proche évoluent.

Confondre volume d’heures et qualité d’intervention. Multiplier les heures sans définir les missions n’améliore pas la prise en charge. Trois heures bien structurées valent mieux que cinq heures sans cap.

Cahier de liaison ouvert pour le suivi quotidien d'une personne âgée à domicile

Négliger la transmission entre intervenants. Si plusieurs personnes gravitent autour de votre proche, un cahier de liaison simple et tenu à jour évite les doublons, les oublis et les malentendus.


Comment MonAuxiliaire vous aide à structurer l’organisation

Organiser le maintien à domicile d’un proche est une responsabilité lourde. Vous n’avez pas à tout inventer seul.

Chez MonAuxiliaire, on vous accompagne à chaque étape : recrutement de votre auxiliaire de vie, rédaction du contrat de travail et suivi dans la durée. Vous bénéficiez d’un accompagnement sur mesure, pour un coût bien inférieur à celui d’une agence mandataire ou prestataire.

Découvrez nos forfaits
Lire aussi : Comment instaurer une relation de confiance avec son auxiliaire de vie
Lire aussi : Comment aménager une maison pour personne âgée

Questions fréquentes

Combien d’heures par jour faut-il prévoir pour une auxiliaire de vie ?

Cela dépend du niveau d’autonomie évalué par la grille AGGIR. En règle générale, comptez 3 à 5 heures pour un GIR 4, 5 à 7 heures pour un GIR 3 et davantage pour les situations lourdes. Un bilan personnalisé avec votre département ou votre CCAS permet d’affiner l’estimation et d’ouvrir les droits à l’APA.

Qui décide du planning : la famille ou l’auxiliaire ?

Le planning est défini dans le cadre du contrat de travail, en tenant compte des besoins de votre proche et des règles applicables.

En tant que particulier employeur, vous fixez les missions et les horaires. L’auxiliaire peut formuler des suggestions et il est recommandé de construire le planning avec elle pour favoriser l’adhésion.

Peut-on modifier le planning après le début du contrat ?

Horaires réguliers : les horaires prévus au contrat ne peuvent pas être modifiés durablement sans l’accord du salarié.
Horaires irréguliers : le planning peut être adapté, avec une information écrite du salarié au moins 5 jours calendaires à l’avance (on compte tous les jours du calendrier, y compris les samedis, dimanches et jours fériés). Voir l’article 132 de la Convention collective pour les modalités applicables.

Comment gérer les absences de l’auxiliaire ?

Anticipez en prévoyant une solution de remplacement : une auxiliaire de secours identifiée à l’avance, un service de garde ponctuelle ou un soutien familial organisé. Ne laissez pas votre proche sans aide.

Faut-il un planning écrit ou peut-on fonctionner à l’oral ?

Un planning écrit est fortement recommandé. Il précise les horaires et les missions, facilite l’organisation et permet d’éviter les malentendus. C’est aussi un outil de communication précieux si d’autres personnes interviennent au domicile.


Cet article ne remplace pas une évaluation professionnelle individualisée de la situation de votre proche.

Retour en haut